Cour d'honneur et cour des communs

La cour d'honneur

Les plans initiaux de l’hôtel sont l’œuvre de Robert de Cotte. Il avait conçu pour l’hôtel une façade qui se devait d’imposer le statut social propre à la noblesse. Le premier projet était dans le goût classique qui faisait alors autorité dans les milieux parisiens. Le fils du commanditaire, Joseph François, modifie le projet initial pour aboutir à un résultat plus méridional et moins marqué par le classicisme architectural parisien avec un décor nettement plus important.

Les sculptures de la façade, commencées dès 1717, sont l’œuvre de deux artistes locaux jusqu’ici peu connus : Rambot et Dhuez. Le premier a sculpté les roses et les gouttes du balcon central, le second les métopes allégoriques de la frise, le masque de faune de la porte d’entrée, les corniches, les pots à feu de la toiture et les armoiries du fronton, aujourd’hui disparus. Les métopes allégoriques réalisées par Rambot sont aujourd’hui encore visible : trophées militaires et navire de guerre évoquent les faits d’armes des Réauville pendant que les deux métopes du centre, surplombant le mascaron, figurent les armes de la famille avec le greslier, une trompe de chasse.

Au-dessus de la porte d’entrée, un magnifique balcon ouvragé présente de complexes variations de ferronnerie. La grille médiane porte en son centre un ajout plus tardif placé par les nouveaux propriétaires de l’hôtel à partir de 1758 : le cerf des armoiries des Bruny de la Tour d’Aigues, doré à l’or fin.

La cour des communs

Nommée "basse-cour" sur les plans de Robert de Cotte, il s'agit d'une esplanade rectangulaire bordée par trois corps de bâtiments.C’est dans cette cour que les carrosses et les chaises à porteurs armoriées et peintes de couleurs vives des invités étaient garés.

Au sud, le bâtiment avec les trois portes cochères sous anse à panier accueillait les anciennes écuries de l’hôtel. Au XVIIIe siècle, cette remise était utilisée quotidiennement par les domestiques : les femmes y traitaient le linge et la réception des aliments, les hommes y conservaient les outils.

L’aile est, occupée aujourd’hui par l’accueil du Centre d’Art, était conçue pour le logement des domestiques. Une armée de femmes de chambres, bonnes, valets, maîtres d’hôtel, palefreniers, personnel de cuisine, maintenait le train de vie et le prestige des maîtres de maison. L’espace dédié aux domestiques s’avérait donc exigüe, mais le travail étant intense, ils n’y passaient que peu de temps.

Le bâtiment à l’ouest, à fenêtres aveugles, abritait une galerie avec la collection d’art des Bruny. Les moulures et les crossettes des fenêtres de cette façade répètent avec harmonie le décor de la façade principale.

Dans l’angle nord-est de la cour, on remarque un puit en pierre, essentiel à la vie de la maison.