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CONFÉRENCE
Carte Blanche à Sophie Chauveau Qui a inventé la Renaissance ?
Vendredi 28 janvier de 18h30 à 19h45

Le vendredi 28 janvier de 18h30 à 19h45, nous proposons une Carte Blanche à Sophie Chauveau, romancière, biographe, essayiste et metteuse en scène. Une séance de dédicace aura lieu à l’issue de la conférence. 

Amoureuse d’art et fidèle de l’Hôtel de Caumont, Sophie Chauveau a eu plusieurs vies. Après ses études au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, elle devient journaliste et écrivain. Elle s’est documentée durant quatre ans pour écrire La Passion Lippi, une biographie romancée du peintre de la Renaissance Filippo Lippi, qui sera le point de départ de la Carte Blanche sur le thème "Qui a inventé la Renaissance ?".

Informations pratiques
Le 28 janvier de 18h30 à 19h45, suivi d’une séance de dédicaces jusqu’à 20h30
Tarif : 15 €

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Qui a inventé la Renaissance ? par Sophie Chauveau

C'est moi, dit l’Angelico qui pourtant n’est pas vantard ; moi dit Lippi qui l’est davantage mais pratique la gratitude artistique et préfère admirer ses grands devanciers que de se mettre en avant. C'est moi, insiste mélancoliquement le plus célèbre de ses élèves, le grand et maigre Botticelli ; mais non, c'est moi s’exclame Léonard qui, parce qu’il est le dernier arrivé de la bande, croit pouvoir ramasser la mise ! Eh non, c'est Brunelleschi en architecture, Donatello en sculpture, Ghiberti en génie et Masaccio en peinture qui furent les vrais pionniers. Les dates ne sauraient mentir. Ils sont tous nés avec le quattrocento. En peinture, 1401 pour Masaccio, le plus jeune des quatre et sans doute le plus audacieux, le plus inouï. 1406 pour Lippi, 1445 pour Botticelli, 1452 pour Léonard… quant à Guido di Piero, alias l’Angélico l’année de sa naissance flotte entre 1387, 1395 ou le premier janvier 1400 autant dire qu’on n’en sait rien. Personne n’est très formel le concernant. Un ange, un saint, un mystère. 

En réalité trois facteurs ont inventé la Renaissance, d’abord le Moyen-Âge dont à la ressemblance des Pestes auquel il est alors associé, on ne supportait plus la noirceur ; puis la chrétienté avec ses monuments rassembleurs propagandistes d’une pensée neuve, et tous concurrents : Santa Croce veut dépasser le Vatican en taille comme en structure, Santa Maria dei Fiore cherche à les dépasser toutes… Enfin et peut-être surtout, la découverte de l’Antiquité mise à jour par les premières fouilles. Renaissance vient de là. À la semblance des ruines révélant une civilisation de beauté et d’humanité, on va recommencer : en mieux ! Bizarrement c'est Florence et non Rome qui se fait la championne de toutes les innovations. Alors comme toujours « c'est politique ! » puisqu’à la suite des combats entre guelfes et gibelins, la capitale de Toscane devient la première vraie république, non seulement de cette Italie des cités mais d’une Europe encore très médiévale. Le progrès c'est toujours un peu plus d’humanisme. Je ne parlerai ni d’histoire ni de politique parce qu’il est toujours tentant d’opposer la Toscane et la Sérénissime, mais seulement de peinture puisqu’ici quelques merveilles exposées nous y invitent.

Dès les années 1280-1290 – soit un siècle avant tous les autres pays d’Europe, les prémices de la Renaissance fleurissent en Italie centrale – en Toscane d’abord, puis au Latium, enfin en Ombrie. Une métamorphose picturale déclenche un processus irréversible : la rupture avec Byzance. La peinture s’émancipe des icônes, Giotto et Cimabue ouvrent la voie et quelle voie aux grands révolutionnaires de la perspective. La Renaissance encore aujourd'hui, six siècles plus tard, demeure un changement de regard sur le monde. Par la grâce de quelques tableaux, petite fenêtre ouverte sur la réalité, c'est tout l’art donc toute la vie qui s’en trouve chamboulée. Je vais tenter de vous montrer comment ça s’est passé en m’appuyant sur quelques peintres géniaux claquemurés dans ce mouchoir de poche qu’est Florence...

À suivre.