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EXPOSITION
Vladimir Skoda à Caumont
Du 7 avril au 3 septembre 2017

Une dizaine de sculptures de Vladimir Skoda investissent temporairement les jardins et la cour d’honneur du centre d’art aixois, créant un dialogue fructueux entre l’architecture du XVIIIe siècle et la création contemporaine.

Vladimir Skoda, artiste français né à Prague en 1942, est de ceux qui se confrontent physiquement à la matière, à la manière d’un alchimiste. A l’Hôtel de Caumont, le sculpteur illustre son obsession pour les formes abstraites et épurées à travers une dizaine de sculptures en acier – sphères, pointes dressées, disques concaves...

Skoda aime les contrastes. Les dimensions de ses sculptures, atteignant parfois 3,20 mètres de hauteur et pesant jusqu’à 500 kg, peuvent être monumentales. Pourtant, on les croirait prêtes à s’élever vers le ciel. Denses et légères à la fois, elles semblent puiser dans le sol une force tellurique, une énergie qui laisse imaginer l’instant d’après, celui où les pointes s’étirent jusqu’à aller chatouiller les nuages, où les sphères s’envolent comme des bulles de savon, ou encore cet instant où les miroirs se jouent de celui qui les regarde pour brouiller la réalité. Dans une approche métaphysique de l’art, Vladimir Skoda invite le spectateur à expérimenter son oeuvre dans un mouvement dynamique, du corps et de l’esprit.

Formé au métier de tourneur-fraiseur, Vladimir Skoda a étudié le dessin, la peinture puis la sculpture. Pensionnaire à la Villa Médicis entre 1973 et 1975, il commence à travailler le fer. A la fin des années 1980, la forme sphérique s’impose progressivement à lui. Il se met à intégrer dans ses sculptures en acier d’autres matériaux métalliques. L’interactivité, le magnétisme, la polarité sont autant de principes qui le guident.

Dans la cour d’honneur de l’Hôtel de Caumont, une série de quatre miroirs de format ovale, intitulée Distorsionvision (Trou noir-trou blanc, 1992), illustre son travail avec la surface réfléchissante. L’image de l’environnement, déformée par la courbe, introduit une dimension supplémentaire à la réception de son oeuvre, ces miroirs devenant le réceptacle d’un espace flou, sur lequel le regard glisse, dans lequel il se perd. Dans les jardins de l’Hôtel de Caumont, les pointes en acier intitulées Une seule direction ? (2004 - 2009) fendent l’espace et désignent les hauteurs infinies du cosmos. Elles offrent un contre-pied très « brancusien » aux sphères de Skoda, qu’il nomme Sphère de ciel – ciel de sphères, ou encore Horizon des événements.

Les oeuvres de Vladimir Skoda sont présentes dans les collections du Centre Pompidou à Paris, du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, à la Galerie nationale de Prague, à la Gemäldegalerie Neue Meister de Dresde, ainsi que dans de nombreuses collections publiques et privées en France, en Belgique, en Allemagne et en République tchèque. Cette exposition à l’Hôtel de Caumont est organisée avec le concours de la galerie Catherine Issert.

Sphère de ciel – ciel de sphères, 2005, tôle perforée en acier - © Courtesy Galerie Catherine Issert
Distorsion-vision (Trou noir-trou blanc), 1992, acier inox poli miroir, oeuvre composée en 3 ou 4 éléments - © Courtesy Galerie Catherine Issert